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Haiti en Marche analyse le message de JC Duvalier le 22/09

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Haiti en Marche analyse le message de JC Duvalier le 22/09 Empty Haiti en Marche analyse le message de JC Duvalier le 22/09

Message  gwotoro Mar 2 Oct 2007 - 20:53

Baby Doc a la mémoire bien courte !

PORT-AU-PRINCE, 29 Septembre - Jean-Claude Duvalier a prononcé le 22 septembre dernier depuis la France où il se trouve en exil depuis son renversement le 7 février 1986, un discours qui est l'antithèse de tout ce qu'il est et de tout ce qu'a été sa politique durant 15 ans de pouvoir absolu (1971-1986).

La presse aussi bien nationale qu'étrangère l'a si bien compris que l'on n'a gardé du discours en question que sa demande de " pardon au Peuple " haïtien.

" Si au cours de mon mandat présidentiel, le gouvernement a eu à causer des torts physiques, moraux ou économiques à tiers, je prends solennellement la responsabilité historique en ce jour du 22 septembre 2007 de demander pardon au Peuple et je sollicite le jugement impartial de l'Histoire. "

Ce 22 septembre ramenait le 50e anniversaire des élections qui amenèrent son père, François " Papa Doc " Duvalier, au pouvoir.

Le duvaliérisme (père et fils) régna pendant environ trois décennies (1957-1986) sur les cinq qui se sont succédées depuis les élections du 22 septembre 1957.

Aussi est-il presque amusant d'entendre M. Jean-Claude Duvalier déclarer sans sourciller : " cinquante ans plus tard, nous voici encore à la case départ ".

Ou encore jouant les martyrs : " pendant deux décennies de souffrances et d'exclusion ". Il s'agit bien sûr des années qui se sont écoulées depuis son renversement.

Maître absolu sur nos vies et nos biens pendant 15 ans...

Ou encore : " j'ai tiré des leçons des événements de ces vingt dernières années et avec toute la sincérité d'un homme brisé par vingt ans d'exil, mais revigoré par l'espoir que dégage la Jeunesse de mon pays, j'ai compris. "

Certainement un texte bien léché, mais qui n'a rien à voir avec celui qui fut chargé de le prononcer.

Oui, " j'ai compris. " Mais ironiquement il aura donc fallu ces vingt années d'exil pour permettre à celui qui aura régné en maître absolu sur nos vies et nos biens pendant 15 ans pour comprendre enfin " que le maintien des masses dans l'ignorance abjecte peut faire prospérer toutes sortes d'idéologies malsaines et destructrices. "

Jean-Claude Duvalier espère profiter de la confusion idéologique qui règne probablement aujourd'hui dans une certaine petite bourgeoisie haïtienne qui a pris peur devant la montée irrésistible du populisme aristidien, puis a repris confiance quand celui-ci a été renversé au nom de la démocratie, mais une démocratie que nous vivons sous des bottes étrangères - quand il dit ou quand on lui fait dire " j'ai compris que la gestion des inégalités sociales est la responsabilité de l'Etat et que la richesse des uns n'est pas la cause de la misère des autres... ".

"Bay kou blye, pote mak sonje "...

Par contre peut-il avoir aucune chance de rédemption auprès des masses populaires qui pratiquent quant à elles le vieux proverbe haïtien " bay kou blye, pote mak sonje " (celui qui porte le coup peut oublier, pas celui qui en garde les cicatrices).

C'est aussi ce que lui rappellent en d'autres mots aussi bien Bobby Duval (torturé pendant 17 mois dans l'ancienne prison politique de Fort Dimanche) cité dans une dépêche d'Associated Press (" Il a tué des milliers de gens, volé des millions et détruit l'esprit et l'âme du pays. Ce type devrait être en prison et j'attends qu'il revienne pour le lui faire voir. Je n'accepte pas ses excuses " ; que Pierre Clitandre écrivant dans Le Nouvelliste " pour ma part, je pardonne pour Gasner Raymond (journaliste assassiné par la police politique de Baby Doc), pour la disparition de mon père, pour l'assassinat de mon oncle, pour les traumatismes vécus en prison, puis en exil (cela par Clitandre lui-même, un des nombreux journalistes arrêtés et exilés du pays par Jean-Claude Duvalier en novembre 1980).

Dans son nouvel ouvrage, " The Prize ", Bernard Diederich, plus connu pour son best seller, " Papa Doc et les Tontons macoutes ", décrit les duvaliéristes ou plus précisément ceux qui avaient fait campagne pour le docteur François Duvalier en 1957 comme un ramassis d'opportunistes où personne ne fait confiance à personne, pourquoi Papa Doc ne cessait de faire constamment le ménage autour de lui, sabrant toutes les têtes qui menaçaient de sortir des rangs. Des " warlords " ou chefs de guerre avides de prendre le pas les uns sur les autres, sauf en de rares occasions où la barque pouvait paraître réellement en danger. Comme ce fut le cas, par exemple, lors de l'affaire Pasquet, le 29 juillet 1958 (un groupe d'ex-militaires en exil venus de Floride et qui avaient pu prendre possession des Casernes Dessalines, le plus important établissement militaire du pays).

Une fois passé l'instant de surprise, les Duvaliéristes firent un carnage.

Profiter de la confusion ambiante pour faire peau neuve...

Aujourd'hui les ex-disciples de Papa Doc se sentiraient-ils devant un défi similaire ? Soit à cause de la menace qu'une présence internationale de plus en plus avancée et décisive fait peser sur le vieux fond nationaliste haïtien dont le duvaliérisme a toujours fait son beurre.

Soit au contraire parce qu'ils espèrent profiter de la confusion ambiante pour faire peau neuve... en prétendant qu'il n'y a eu que deux mouvements politiques en Haïti au cours du dernier demi-siècle : lavalas et le duvaliérisme.

Vingt années de tumultes nous laissent aujourd'hui un pays exsangue et sans le moindre repère.

Or toujours selon " The Prize " de Bernard Diederich, Larry Allen de Associated Press, dans un éditorial paru dans Haiti Sun , écrivait au lendemain de la victoire de François Duvalier que le nouveau président a un triple défi de mettre fin aux violences des mois précédents, rebâtir l'économie et réconcilier avec elle-même une nation qui avait été déchirée par toute une année de querelles partisanes.

Cinquante années plus tard (1957-2007), Jean-Claude Duvalier essaie de jouer sur les mêmes peurs (bien sûr en faisant abstraction des trente années de pouvoir absolu exercé par son père, puis lui-même).

Il se peut que le vide qui aujourd'hui nous étreint s'arrête aussi dans son zapping sur Papa Doc (comme votre petit fils quand il jongle entre les multiples chaînes de cartoons aujourd'hui à sa portée).

Le dernier chef d'Etat haïtien qui ait su résister aux invasions de ses opposants de toutes sortes, qu'ils soient venus des Etats-Unis, de Moscou ou de Cuba, tout en pouvant de temps à autre remettre à leur place aussi bien Washington lui-même (expulsion d'un ambassadeur américain) que les caudillos de la république voisine devenus aujourd'hui si arrogants ainsi que le Vatican.

Le pouvoir personnel au stade ultime...

Et qui mieux encore, trouve le moyen de mourir dans son lit, et en transmettant le pouvoir à son fils, un avorton de 19 ans (car c'est aussi là que le bât blesse, le pouvoir personnel à ce stade ultime ne daigne même pas préparer sa succession).

Mais cette image-là qui n'est pas tout à fait fausse, mais qui correspond aussi à des circonstances bien précises, n'est autre qu'une image idyllique.

François Duvalier est mort le jour même qu'il prêtait serment le 22 octobre 1957. Déjà perçait sous toutes les belles promesses, le Papa Doc qui six ans plus tard va se déclarer président à vie et dont le régime impitoyable ne fera pas moins de trente mille morts selon les bilans les plus modestes.

Et voici les mêmes promesses retrouvées un demi-siècle plus tard dans le message du 22 septembre dernier de Jean-Claude Duvalier enfin à l'âge de comprendre " qu'accuser nos adversaires des torts que nous avons nous-mêmes causés, c'est innocenter les coupables et diaboliser les victimes. "

Quid des fonds en Suisse ?...

Car justement il se peut que la principale faiblesse de la nouvelle percée duvaliérienne soit Jean-Claude Duvalier lui-même. Comment peut-on demander " pardon " à un peuple, tout en se battant de l'autre côté pour maintenir le grappin sur ce qu'on lui a injustement dérobé ?

Il aurait d'abord fallu que M. Duvalier dise qu'il renonce volontairement aux derniers fonds (4, 6 millions d'euros) dont le gouvernement suisse vient de renouveler le gel pour une année supplémentaire.

Il en avait eu l'occasion. En effet on apprenait en décembre dernier que le gouvernement helvétique avait essayé de négocier avec la " famille Duvalier " un partage moitié-moitié des fonds avec l'Etat haïtien. Mais les avocats de l'ex-dictateur qui espéraient profiter de l'embarras de Berne à ce sujet, ont déclaré qu'ils n'avaient jamais donné leur accord formel à un tel arrangement.


Mais la situation va tourner totalement à leur désavantage. Non seulement (sous la pression de certaines ONGs internationales) le blocage des fonds fut prolongé pour une année, mais désormais l'ONU et la Banque mondiale participent elles aussi au mouvement pour la récupération de l'argent détourné par les tyrans, cela comme contribution à la lutte contre la corruption.

Les regrets de Baby Doc viennent donc un peu tard et ne sont pas suffisamment désintéressés pour émouvoir sauf quelques courtisans invétérés.

Cela nous rappelle le beau film de Bertolucci " Le dernier empereur. " Mais celui-ci ne dût pas se contenter de demander pardon à son peuple. La Chine révolutionnaire le condamna à de nombreuses années dans un camp de rééducation. Et en en sortant, c'est pour devenir jardinier dans le grand parc de la Cité interdite, l'ancienne résidence des empereurs de Chine.

Jean-Claude Duvalier, " le prince ", lui aussi ne sût jamais rien faire de ses dix doigts jusqu'à son renversement.

Haïti en Marche, 29 Septembre 2007
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Message  Rodlam Sans Malice Mer 3 Oct 2007 - 8:28

Que la verité luise pour eclairer les brebis égarés que des loups deguisés en bergers essayent d'eloigner de leurs paturages pour encore une fois les tuer comme a jeremie ,a cazale . au morne mapou et a la ruelle nazon.

C'est deshonorant que ceux qui ont avili le pays de Dessalines aient encore l'audace ,la témerité,l'indecence de discourir pour cacher leurs mefaits.Ceux qui n'ont pas vecu ces moments douloureux de notre histoire ne doivent pa ecouter ces chantres de la revolution Kann kale.Ils doivent ecouter les temoins desinteressés qui ont subi dans leur chaire les souffrances des geoles de Fort Dimanche comme jean Brière qui refusa de raconter ses souffrances dans les geoles de Duvalier parce que pour lui c'etait trop degradant de decrire ces crimes dans l'histoire d'haiti.

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