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Myrlande à la présidentielle de 2011

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Myrlande à la présidentielle de 2011 - Page 4 Empty Myrlande à la présidentielle de 2011

Message  Invité Mer 25 Juin 2008 - 21:50

Rappel du premier message :

L´ancien président Leslie François Manigat (88 ans) a indiqué mardi que son épouse Myrlande sera la candidate du Parti Rassemblement des nationaux progressistes (RDNP) aux elections presidentielles de l´annee 2011.

Manigat a fait ces déclarations alors qu'il participait à Bogota au forum intitulé " Insécurité, douleur évitabe", sous les auspices de l'organisation de la démocratie chrétienne (ODCA) et d'autres organisations internationales, et auquel ont pris part 6 ex presidents et ex premiers ministres de la region et le president de la colombie, Alvaro Uribe.

Myrlande Hippolite Manigat est la secrétaire générale du parti depuis l'échec de son mari aux présidentielles de février 2006.

Leslie manigat a fait savoir que son épouse ira aux élecions avec une vision moderne dans ses aspirations à la présidence et qu'il se servira de son expérience pour la conseiller, tout en la laissant agir, parce qu'il pense qu'elle a la capacité d'avoir le contrôle de tout.

L'ancien président qui n'a passé que 4 mois au pouvoir (7 février/19 juin 1988) ayant été renversé par un coup d'état militaire sans effusion de sang, a fait savoir que le pays a besoin d'un gouvernement qui lutte et travaille pour effacer l'image de pays le plus pauvre du continent collée à Haïti

Réagisssant par ailleurs sur les relations entre Haïti et son voisin le plus proche (la république dominicane, Manigat a indiqué que l´amélioration des rapports entre les deux pays, dépendra des changements que le gouvernement haitien, sous la présidence de Rene Préval, sera capable d´opérer.

http://www.ahphaiti.org/ndujour.html
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Message  ed428 Dim 6 Juil 2008 - 13:22

Mesye m te kwe lang ke majorite nasyonal la pale se kreyol epi nou chita ap ekri bel franse la a. Sakapfet? Mwen mande sa paske te gen yon poste ki pat dako ke m ap ekri an nangle.
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Myrlande à la présidentielle de 2011 - Page 4 Empty Re: Myrlande à la présidentielle de 2011

Message  Invité Dim 6 Juil 2008 - 13:47

ed428 a écrit:Mesye m te kwe lang ke majorite nasyonal la pale se kreyol epi nou chita ap ekri bel franse la a. Sakapfet? Mwen mande sa paske te gen yon poste ki pat dako ke m ap ekri an nangle.

Ou gen dwa ekri nan lang ou vle. Nèg ki te di ou pa gen dwa ekri an englè a te dwe fou ou sou.
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Message  Rodlam Sans Malice Dim 6 Juil 2008 - 17:10

ed

ekri nan lang ki fè w plezi 'genyen de jou mwen leve se an kreyol ke mwen vle ekri ;genyen de jou se an angle mwen santi mwen ta ekri ;genyen de fwa tou mwen vle fè youn ti pedan mwen santi se an panyol mwen ta kole de mo menm si mwen pa finn alez net ladann paske mwen pa pratike li anpil 'men sesa menm ki fè mwen di se an forjan ke nap vinn youn bon forjeron.

mwen te mande pou nou te ka ba lot moun dwa ki pi maton korije fot ke nou fè ke an kreyol e an franse e nenpot lot lang.nanpren anyen ki fè m plis plezi ke lè joel fè youn ti kou gramè kreyòl sou forum lan.sa ede mwen epi li ede anpil nan nou jodya marc henry ka ekri an kreyòl se gras a forum lan.konsa tou si nou pemet lot moun ekri an angle ou an panyol tou nou tout ap aprann ansanb.Pou franse ya menm li ap pran anpil tan pou nou derasinen l nan peyi ya alò nou pa ka abandonnen l net.se ak li yo te aprann nou ekri ;alò li difisil pafwa pou nou eksprime nou san li.Byen ke kreyol la nou pi alez ak li.lè map kominike ak Joel mwen alez ak kreyok ,men mwen remake ke Colo renmen franseuu li e byen mwen itilize lang li renmen poum kominike ak li.keen pi alez nan angle pafwa lè map pale ak li mwen anploye angle.Preske 95% moun ki frekante forum lan konprann tou le 3 lang sa yo ki vinn sanse 3 lang ayisyen pale.paske map mandem koulyè ya si angle pa dexyem lang ayisyen , mwen kwè genyen plis ayisyen ki pale angle ke franse.
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Message  Doub-Sossis Lun 7 Juil 2008 - 20:00


Thèmes de l’Emission de la semaine


[size=21]Orlando le 4 July, 2008


Actualités Politiques : Grandes Lignes

Conférence de Chicago du 28 juin 08


Ce soir, il m’échait le double honneur, de souhaiter la bienvenue à madame Mirlande Hippolyte Manigat, à l’occasion de sa seconde visite à Chicago, ville fondée en 1772 par Jean Baptiste Point du Sable, originaire de Saint Marc. Et ensuite celui d’introduire la Secrétaire Générale du RDNP pour la Conférence qu’elle va prononcer, intitulée :



« Penser une autre Haïti pour demain. »

Tout d’abord, permettez-moi de remercier chaleureusement la Branche Régionale du RDNP à Chicago, pour m’avoir invitée à séjourner dans cette ville que je n’avais pas revue depuis bien une douzaine d’années, je crois, et que je retrouve avec un plaisir que je ne cherche pas à dissimuler.

Car c’est toujours un bonheur pour moi de rencontrer mes compatriotes de l’extérieur et d’échanger avec eux des idées, des projets, des préoccupations concernant notre Haïti. Une Haïti dont j’aime à dire que le noyau physique se trouve dans la mer des Caraïbes, s’étendant sur 27 500 Km2. Sur cet espace plutôt réduit à l’échelle universelle vivent quelques 8 millions d’habitants. Mais il en existe une autre, étoilée pourrait-on dire, dont les segments s’étirent en priorité vers les villes américaines de New York, Boston, Chicago, Miami ; se prolongent vers le Nord pour se fixer à Montréal et à Ottawa, au Nord et au Nord-est dans les Iles Vierges, les Bahamas, à l’Est en République Dominicaine, puis continuent vers le Sud-est pour toucher les Départements français de Martinique, Guadeloupe et , surtout sur le continent Sud-américain, ont pris racine en Guyane Française, au Surinam et au Venezuela.

Nous avons ainsi une Haïti « voyageuse » et, quelque soit l’endroit où ils se trouvent, les Haïtiens ont en partage notre savoureux créole, des habitudes cubaines que celles acquises dans les pays d’accueil n’abolissent pas (comment le hamburger, ou le Fried Chiken, et le riz djon djon ?). Nous frémissions en écoutant la « Dessalinienne » et nous gardons dans notre mémoire collective l’épopée de nos ancêtres, car nous sommes légitimement fiers d’avoir fait 1804 qui symbolise une double révolution sociale (la fin de l’esclavage) et politique (l’indépendance).

Beaucoup d’entre vous, par nécessité ou par choix familial, ont acquis une citoyenneté étrangère. Je sais que j’évoque ainsi un point qui touche de près mes compatriotes de l’extérieur et je ne saurais l’éluder. Mieux, je l’aborde franchement avec vous car c’est une question qui avait érigé une barrière psychologique entre les deux Haïti.

Tout d’abord, permettez-moi de fixer un élément capital et de dissiper un malentendu.

On a essayé, particulièrement lors des dernières élections, d’établir une destruction entre citoyenneté et nationalité.

Disons tout de suite que, du strict point de vue juridique, les deux termes sont identiques et on les employe alternativement. On peut dire : « je suis un citoyen haïtien » et « Je jouis de la double nationalité ».

Les spécificités se situent au niveau de la sociologie, des sentiments, des comportements. Citoyenneté vient de « CIVIS » la cité roumaine qui nous a aussi donné « citoyen ». De tous temps, elle évoque le bien juridique qui existe entre un individu et une terre donnée : ce lieu existe dès la naissance et il est consigné dans les registres de l’état civil. C’est le premier document que l’Etat doit donner à ses citoyens et il est douloureux de souligner que près de 40% des Haïtiens n’ont pas reçu cet acte civil, ce qui signifie que l’Etat ne les reconnaît pas ; ce sont des non-personnes qui vivent par exemple, en République Dominicaine, la double tragédie de ne pas détenir un permis de séjour (ils sont « indocumentados ») ni non plus, avant de franchir illégalement la frontière, une reconnaissance de leur propre pays, et, de ce fait, les autorités dominicaines prennent prétexte de cette carence pour ne pas faire bénéficier leurs enfants des avantages du jus soli, le droit du sol, qui leur conférerait la nationalité dominicaine.

Plus tard, les Haïtiens reçoivent un autre document qui atteste de leur identité le passeport, mais seuls ceux qui voyagent en ont besoin, c’est-à-dire une infime minorité.
La nationalité vient, elle aussi, d’un mot latin chargé de symbole « nascere », naître. Elle relie l’individu, de manière presque charnelle à la terre qui l’a vu naître. Notre créole lui a donné une expression qui renvoie à nos pratiques « KOTE KOD LONBRIT OU ANTERE ». La modernisation tend à effacer cette habitude.

C’est inévitable : les accouchements dans un centre hospitalier entraînent un traitement hygiénique du cordon ombilical voué à la destruction. Le mien est enterré à Miragoâne dans la cour de ma grand-mère, et j’ai eu le bonheur de récupérer et d’enterrer celui de mon dernier petit-fils pourtant né dans une clinique du Togo, dans la cour d’une amie de ma fille qui y a planté un arbre. Ce sont là des symboles.

La nationalité englobe tout ce qui fait que nous sommes Haïtiens : race, couleurs, langues, religions, une manière de célébrer les fêtes et les morts, de vie des peurs, des angoisses qui défient la raison et même des préjugés. Un rapport avec la vie, les maladies et la mort, les mystères, avec l’au-delà, avec Dieu et les dieux. Une joie de vivre et la manière d’affronter la vie et ses problèmes.

Dans un récent article publié en hommage aux 100 ans du Nouvelliste, le Professeur Leslie F. MANIGAT nous a livré une analyse pénétrante de la psychologie collective haïtienne, « nos avatars, nos faiblesses, nos points forts » dans laquelle il avait disséqué ces éléments matériels et psychologiques et même pathologiques que nous avons en partage, l’Haïtien tel qu’en lui-même, tout en tenant compte des individualités forgées par la diversité des destins, le niveau d’éducation, l’implantation sociale.

De ce fait, on peut comprendre que quelqu’un affirme, avec conviction, qu’il a changé de citoyenneté mais pas de nationalité, et qu’on peut devenir américain, canadien ou Turc tout en restant haïtien.

Mais, je le répète, le problème ne se situe pas au niveau des sentiments et ne met pas en cause l’attachement au pays.

L’Article 15 de la Constitution de 1987 est formel et lapidaire :
« La double nationalité haïtienne et étrangère n’est admise en aucun cas ».

C’est un verrou qui exclut non seulement ceux qui, devenus adultes, ont pris une nationalité étrangère, mais ceux qui, avant 1987, ont eu la double nationalité par la naissance. Ces trois mots « en aucun cas » ont ainsi une portée globalisante et un effet d’exclusion « sans pas pou ki » comme on dit chez nous.

Cet article, on s’en souvient, est sans doute le plus connu à l’extérieur (en Haïti même c’était l’Article 291 devenu caduc depuis 1997) et il a été reçu comme une gifle par nos compatriotes de l’extérieur qui l’ont légitimement interprété comme un rejet, un bannissement de la communauté nationale.

Mais, à la décharge des constituants de 1987, il convient de lever une ambiguïté. Ils n’ont pas innové en refusant la double nationalité. Ils n’ont fait que prolonger une tradition qui remonte aux débuts de l’indépendance.

En effet, dès la Constitution Impériale de 1805, un Haïtien perdait sa nationalité « par l’émigration et par la naturalisation en pays étranger » (Article 7).

Pourtant, dans le même texte, il était indiqué que des femmes blanches et leurs enfants, des étrangers utiles tels que des Allemands et des Polonais qui avaient rallié l’armée indigène, étaient reconnus comme Haïtiens (Article 13).
Cet avertissement au sujet de la perte de la nationalité a été repris dans toutes nos Constitutions. Mieux : jusqu’en 1860, les mariages avec des étrangers étaient interdits ; après la levée de cette prohibition, nos Constitutions (1874, 1879, 1889) et la grande Loi de Août 1907 précisaient qu’une femme étrangère qui épousait un Haïtien devenait Haïtienne ; mais une haïtienne qui épousait un étranger perdait son identité originelle et si elle possédait des biens, elle était tenue de les vendre. Elle pouvait recouvrer sa qualité d’haïtienne que si elle devenait veuve ou si elle divorçait. Et ces dispositions ont été maintenues jusqu’en 1942.

Cette constance concernant la conservation ou la perte de la nationalité, est liée aux conditions de l’indépendance, à une appréciation frileuse et jalouse de la nationalité comme étant un privilège chèrement acquis, et une sévérité à l’égard de citoyens qui, au 19e siècle, n’hésitaient pas à se faire naturaliser en Haïti même et surtout à faire intervenir la puissance militaire et diplomatique de leurs pays d’adoption en cas de troubles en Haïti. C’est ce qu’on a appelé en Haïti « la diplomatie de la Canonnière » et les Haïtiens conservent dans leur mémoire collective, même de manière imprécise et floue, la blessure de l’Affaire de l’Allemand Luders (septembre – décembre 1897), les exigences humiliantes de l’Allemagne qui ont provoqué le sabordage héroïque de « la Crête à Pierrot » par l’Amiral Killick.

Les dispositions Constitutionnelles ont été des verrous dressés pour protéger la souveraineté et l’identité haïtienne même à l’égard de ses fils. Et les constituants de 1986 – 87 n’ont pas osé ou n’ont pas voulu s’écarter de cette tradition.

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Message  Doub-Sossis Lun 7 Juil 2008 - 20:00

Toute cette entrée en matière se présente mieux qu’une simple introduction. Elle était voulue afin d’aborder les différentes composantes contenues dans le thème de la conférence.

« Penser une autre Haïti pour demain ». Cette phrase concentre un certain nombre de préoccupations et il me parait opportun et utile de détacher trois (3) mots :

D’abord penser. La forme infinitive n’est pas générique et ne renvoie pas à la faculté de penser dans le sens que nous a légué Descartes : « je pense, donc je suis ». C’est en effet un des attributs de la nature humaine dotée d’une certaine intelligence. Les recherches anthropologiques ont confirmé que tout individu reçoit cette dotation, de manière inégale à sa naissance, et que celle-ci peut se développer par l’éducation ou encore s’atrophier. Nous les humaines, nous croyions que nous en avions l’exclusivité ; mais des spécialistes du monde animal en ont prouvé le contraire, et nous enseignent que les animaux pensent aussi, sans doute pas comme nous. Et des investigations plus récentes portent à croire que les végétaux aussi pensent.

Rassurez-vous je n’ai pas la compétence nécessaire pour m’introduire dans un débat hautement philosophique et scientifique !

Je voulais simplement souligner que cette pensée, je la vois, je la conçois, je la défends comme étant haïtienne. C’est notre privilège et notre responsabilité de réfléchir sur les problèmes qui nous concernent, vous vivant à Chicago et moi venant d’Haïti. Il existe, entre nous, des canaux de communication animés par notre commune préoccupation.

Je crois, entre parenthèses, que vous devez être concernés par les élections américaines qui concernent votre destin et en tant que noir d’Haïti, vous êtes sans doute sensibilisés sur la trajectoire de ce Sénateur Illinois qui déjà a fait l’histoire des Etats-Unis et de l’humanité. Peut-être que les femmes présentes ont été attirées par le combat de Mme Clinton. Moi aussi, à un moindre degré, je suis depuis le début l’évolution de cette campagne, unique dans le monde. Mais, vous êtes aussi des Haïtiens et de ce fait, vous ne sauriez être indifférents au devenir de votre patrie commune.

Le deuxième mot qui interpelle, plutôt trois mots associés sont : « une autre Haïti ».

Si le point focal, l’objet essentiel est Haïti, la dynamique est révélée par l’adjectif « autre ». Une autre Haïti. Cela signifie que celle que nous avons maintenant ne nous convient pas, ne nous plait pas, présente des aspects négatifs dont nous devons avoir conscience, ce qui ne nous empêche pas de mettre en exergue et de magnifier les atouts et les points positifs.

Haïti en 2008 est le résultat de plus de deux (2) siècles de vie nationale, marqués par des hauts et des bas, des avancées et des reculs, des réalisations prometteuses et des avatars. Ceci est normal et l’évolution de la vie de tous les Etats du monde est marquée par cette succession d’accomplissements et de revers. Et à chaque époque, il convient de faire le bilan, et parfois, selon les conjonctures, le positif l’emporte, d’autres fois, le négatif s’impose.

Qu’en est-il pour vous ? Notre pays est affligé par une série de maux que nous ne pouvons qu’indiquer et encore, de manière non exhaustive car l’objectif n’est pas de vous accabler mais d’affermir votre lucidité.

J’ai sélectionné à votre intention trois domaines révélateurs de la réalité haïtienne que je me propose de développer succinctement : la situation économique et sociale ; les problèmes d’éducation ; l’impasse politique d’une société en mal de démocratisation.

La Situation économique et sociale

Je ne voudrais pas vous accabler de chiffres, mais il me parait essentiel de souligner les indicateurs les plus essentiels. Globalement, notre pays est placé dans la catégorie des plus pauvres de la planète et les analyses internationales soulignent que, selon la classification des Nations Unies, Haïti est le seul pays du continent appartenant au groupe des Pays les moins avancés (PMA).

Le PNUD publie, depuis une vingtaine d’années, un rapport qui offre un panorama comparatif du développement des pays en utilisant trois critères d’appréciation et donc de classification : l’espérance de vie à la naissance, le taux d’alphabétisation des adultes et le Produit Intérieur Brut par habitant. Au fil des ans, les mécanismes d’accumulation et d’interprétation des données se sont précisés. Le résultat est le calcul de l’IDH, Indice de Développement Humain. Les données relatives aux 177 pays considérés dans le rapport de 2008 nous donnent la mesure de notre retard, surtout par rapport à l’économie caraïbéen et latino-américain.

Les pays sont regroupés en 3 catégories :

70 ayant un Développement Humain élevé. En tête de liste nous trouvons

l’Islande IDH (2005) 0,968. Mais aussi la Barbade 31e (0,892) ; Bahamas 49e (0,845) ; Cuba 51e (0,838) ; St Kitts Nevis 54e (0,821) ; Antigua Barbuda 57e (0,815) ; Trinidad et Tobago 59e (0,814).

84 pays jouissent d’un Développement Humain moyen.

1.-Dominique 71e (0,798)

2.-Ste Lucie 72e (0,795)

3.-République Dominicaine 79e (0,779)

4.-Belize 80e (0,778)

5.-Grenade 82e (0,777)

6.-Surinam 85e (0,774)

7.-St Vincent et les Grandes 93e (0,761)

8.-Guyane 97e (0,750)

9.-Jamaïque 101e (0,736)

10.-Haïti 146e (0,529). En 1980 (0,442) ; 1985 (0,462) ; 1990 (0,472) ; 1995 (0,487). Pas de donnée pour l’an 2000.

Enfin, 21 se situent au bas de l’échelle, tous des pays africains, et au bas de l’échelle nous trouvons la Sierra Leone 177e (0,336).

Ainsi, Haïti se trouve dernier parmi les pays membres de la CARICOM.

La déclinaison de nos insuffisances permettra de mieux saisir la situation.

Une espérance de vie de 59,5 ans

Un PIB par habitant de $ 1663

46% de la population n’ont pas accès à l’eau potable.
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Message  Doub-Sossis Lun 7 Juil 2008 - 20:03

Population évaluée à 9,3 millions en 2005 avec une projection de 10,8 pour 2015 dont 21,7 vivent dans les villes en raison d’une migration interne qui a porté les paysans à fuir les sections communales pour s’installer dans les zones défavorisées des villes, en particulier Port-au-Prince qui a vu gonfler sa population de 200.000 il y a 50 ans à plus de 2 millions actuellement sans que les services de base (hôpitaux, eau, électricité, voirie, écoles) aient connu un accroissement correspondant.

Haïti compte 25 médecins pour 100.000 habitants des femmes meurent encore en couches (630 pour 100.000) et le taux de mortalité à la naissance est de 84 pour mille et enfants de moins de 5 ans 120 pour 1000. D’autres indicateurs complètent ce tableau affligeant.

Le PIB per capita de quelques $500, par tête ; la balance des paiements est déficitaire (nous exportons pour 400 millions de dollars US et nos importations atteignent 1.5 milliards de dollars US soit un déficit de 1 milliards de dollars US. Nous avons une économie en cessation de production ce qui accentue la dépendance alimentaire vers l’étranger.

Il y a quelques 20 ans, nous avons pu obtenir un document établi par le conseil des Exportations dominicain qui définissant un plan de conquête du marché haïtien.

De ce fait, la République Dominicaine nous expédie une variété de produit 30 millions d’œufs par an, mais aussi des bananes, des morceaux de poulet, des produits agro-alimentaires tels que la pâte de tomate.

De nombreux hommes d’affaires haïtiens ont transporté leurs activités dans la république voisine. Selon les estimations fournies par l’Ambassadeur dominicain en Haïti, les investissements d’origine haïtienne avaient atteint 1 milliards de dollars US en 2007 !

Outre l’hémorragie de devises et d’activités d’emplois dans un pays où le chômage atteint 60% (en laissant de côté le commerce informel), cette initiative creuse encore le déséquilibre dans nos relations avec la République Dominicaine, surtout en considérant, ce qui demeure un des problèmes majeurs, le sort de nos compatriotes émigrés. Ils sont peut-être 800.000 travaillant dans les bateys, essentiellement pour la récolte de la canne, la « ZAFRA », mais aussi dans la construction, le tourisme.

Et il n’est pas sans intérêt de souligner qu’environ 15.000 jeunes étudient dans les diverses universités dominicaines et mieux, certaines d’entre elles sont en train de développer, à la frontière, des programmes en français à l’intention des Haïtiens. L’initiative est encore limitée mais elle est significative.

Les récentes agitations baptisées « émeute de la faim » ont mis en évidence cette dépendance alimentaire.

En effet, la consommation nationale de riz est de 450.000 tonnes par an et nous n’en produisons que 110.000. Il s’est produit une mutation psycho alimentaire dans le pays car le riz n’était consommé par les classes démunies que le dimanche et lors des occasions comme une première communion et un baptême ; actuellement, toute la population en mange tous les jours, le maïs perçu comme nourriture de pauvre et, de toutes façons, plus cher actuellement que le riz.

Vous avez appris ce qui s’est passé : les émeutes de la faim. Selon les prévisions, elles peuvent encore se produire car les solutions adéquates ne sont pas appliquées.

Le Budget national est de 77 milliards de gourdes soit une moyenne de 9625 gourdes par personne. Mais 40% des Haïtiens, particulièrement ceux qui vivent dans les campagnes et dans les bidonvilles des grandes villes doivent se contenter de moins d’un dollar par jour, soit 35 gourdes en moyenne. Les crédits budgétaires soulignent la précarité des conditions de vie et le traitement réservé par l’Etat à certains problèmes. Par exemple, la part de la santé a chuté de 8.09% il y a 2 ans à 2,62%. De ce fait, le taux de mortalité maternelle est lui passé de 523 pour 100.000 à 630.
Les sources allouées à l’éducation ont aussi régressé de 8,86% à 8,61% : ainsi, l’objectif du millénaire aprouvé par les Nations Unies de scolarisation universelle pour 2015 ne sera pas atteint.

Les crédits réservés à l’agriculture ont baissé de 3,8 milliards de gourdes à 2,7 milliards.

Haïti n’est pas endettée comme d’autres pays du Tiers Monde et son ardoise est de 1,37 milliards de dollars (les principaux créanciers sont la Banque Mondiale et la Banque Interaméricaine de Développement, mais de manière bilatérale 70 millions aux institutions internationales, 65 millions à la France, les Etats Unies 15 millions et le Canada 2 millions) ; mais le service de la dette représente 58,2 millions de dollars pour 2008. La réduction ou même la suppression de cette dette réclamées par diverses associations comme celles de la société civile des pays membres du G-8 à leurs ministres Français soit par les Etats Unies, soit par les Institutions internationales représenterait, certes un allégement, mais et c’est un paradoxe naturel qu’il s’agit de résoudre, le problème ne se situe pas au niveau de l’endettement lui-même car l’économie interne ne peut pas quant à présent, générer le financement du développement nécessaire, mais à celui des modalités et des conditions. C’est un fait : les étrangers, « le blanc » comme on aime dire en Haïti, sont plus généreux qu’on le croit et plus compréhensifs que ne l’affirme une propagande courante.

Mais d’une pat, un pays même pauvre conserve une certaine capacité de négociation à condition qu’elle soit sérieuse, professionnelle et digne ; de l’autre, notre dénuement ne devrait pas nous faire accepter n’importe quoi.

Les problèmes de l’éducation

Je leur accorde un traitement spécial, non seulement parce que je travaille dans le domaine de l’enseignement au niveau universitaire, mais aussi parce que le système forme une chaîne, et on ne pouvait pas concevoir une analyse de la situation universitaire sans raccorder celle-ci au secondaire qui l’alimente et celle-ci, à son tour est tributaire du primaire. L’éducation est un tout qu’il faut saisir comme tel.

J’ajoute enfin que la liaison avec une stratégie de développement s’impose : le pays continuera sa descente si les questions liées à la formation dans tous les domaines et à tous les niveaux ne sont pas pris au sérieux et surtout en les traitant pas à la lumière des mécanismes modernes qu’il s’agit d’adapter à nos conditions et à nos moyens.

La situation dans ce domaine est particulièrement affligeante. Le système éducatif haïtien présente des failles accumulées et qui se sont aggravées ces dernières années de manière, on pourrait dire exponentielle.

Je ne voudrais pas trop insister sur les données chiffrées, mais certaines d’entre elles sont indispensables pour une bonne compréhension du problème.

Tout d’abord, le pays atteste un taux élevé d’analphabétisme, 55% de la population adulte que différents programmes d’alphabétisation mis en place depuis 25 ans n’ont pas réussi à résoudre. Et ceci sans tenir compte du phénomène de l’illettrisme, observé et analysé dans des pays développés, qui indique que si l’acquisition de l’instruction par l’alphabétisation et même la scolarisation, n’est pas entrevue, elle se perd progressivement.

Un effort a été réalisé au niveau de la scolarisation des enfants, de manière inégale selon qu’on observe les dispositions prises dans la zone métropolitaine ou les villes de province, et surtout en comparaison entre celle-ci et les sections communales car l’offre scolaire est différenciée. Mais les carences sont criantes.

Tous les enfants n’intègrent pas le cycle à 5 ans, parfois à 9-10 ans ce qui que les 18 ans qui marquent, au niveau universel, le terme de l’apprentissage scolaire est, chez nous, allongé jusqu’à 22 – 23 ans. Car il faut, en outre compter avec le redoublement qui prend des proportions effarantes.

Mais une autre indication statistique est encore plus négativement révélatrice : sur 100 enfants qui ont la chance d’intégrer l’école à un age raisonnable, 60 parviendront à franchir l’étape de la 6e année fondamentale (le certificat) ; 40 celle de la 9e année (l’ancien brevet) et quelques 30 le baccalauréat dont le contenu s’est considérablement appauvri. C’est le phénomène de la déperdition scolaire.

L’enseignement est assuré, aux niveaux primaire et secondaire à 80% par les écoles privées. Et vous savez que la malice populaire appelle nombre d’entre elles des « écoles borlette », c’est-à-dire livrées au hasard.

Ma ferme conviction qui est aussi un engagement citoyen, est que ces écoles doivent disparaître un jour. Mais si on les fermait brutalement, on créerait une injustice sociale car elles correspondent à un besoin d’éducation et, de ce fait, elles remplissent une fonction sociale.

Je le dis avec tristesse mais en toute lucidité, il vaut mieux avoir ces écoles, toutes déficientes qu’elles soient, plutôt que pas d’écoles du tout. Mais il appartiendra à un gouvernement responsable de faire en sorte que l’Etat s’engage à rénover ses propres établissements, à fixer des critères raisonnables qui doivent permettre l’ouverture d’une école, à contrôler leur fonctionnement à veiller au respect des normes académiques, à la qualification des enseignants, en accordant à ces « écoles borlette » un délai raisonnable et contrôlé pour qu’elles respectent leurs critères établis.

Car aucun développement sérieux ne peut être envisagé sans une reforme de l’éducation. C’est une question qui requiert le sens des responsabilités et un projet réaliste pour le pays et son avenir.

A ce sujet, permettez-moi de reproduire deux sentences, déjà admirables lorsqu’on les rappelle individuellement, mais hautement symbolique lorsqu’on les rapproche dans une association de pensée, une vision, lorsque l’on parle d’éducation.

La première est une pensée du grand poète français, Victor Hugo, qui a écrit au 19e siècle et pour son pays.

« Lorsqu’on ouvre une école, on ferme une prison ».

La seconde est émise au 20e siècle, par le poète Malien AMADOU HAMPÂTÉ BA « En Afrique, tout vieillard qui meurt est une bibliothèque qui se consume ».

Tout les sépare, le moment, la géographie et les préoccupations. Pourtant, je trouve dans la symbolique de cette association un élément qui me permet de combiner le pessimisme de l’analyse et de la lucidité avec l’optimisme de la volonté et de l’engagement.

Et aussi de projeter dans l’avenir une politique visant à ouvrir plus d’écoles car celles-ci permettent de faire sortir nos jeunes concitoyens de la prison de l’ignorance, en même temps qu’elle récupère, pour le valoriser, le savoir empirique de nos aînés « les anciens », avant qu’il ne soit englouti dans les flammes de la négligence, du désintérêt et de la destruction collective.
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Message  Doub-Sossis Lun 7 Juil 2008 - 20:09

L’impasse politique d’une société en mal de démocratisation

Il existe une liaison nécessaire entre les objectifs d’un développement durable et l’élaboration d’une politique prise dans le sens de l’art de poser les problèmes et de leur trouver des solutions. En ce sens, on peut parler du primat du politique qui oriente l’appréhension et la correcte analyse de ces problèmes, la recherche puis la mise en œuvre de solutions adéquates, lucidement conçues, et selon des mécanismes précis et souples afin de moduler leur adaptation selon l’évolution des conjonctures. Car aucune méthode ne saurait être figée pour toujours et des impondérables surgissent d’autant que l’histoire du pays, depuis une vingtaine d’années, a été semée de troubles et, à l’heure actuelle, le pays est plongé dans un climat d’incertitude.

Il me parait opportun et utile de fixer ma position et celle de mon parti avant toute analyse.

En effet, mon angle d’observation est lié d’une part à ma formation académique qui me donne les instruments d’analyse objective ; en second lieu, j’observe et je commente à partir de ma position de chef d’un parti d’opposition ; enfin, je dois souligner que je me trouve placée dans une situation d’observatrice absolue car avant, pendant et après le déroulement des derniers évènements, nous n’avons pas été consultés voire associés aux initiatives adoptées par l’Exécutif et par le Parlement. Je me suis gardée d’en faire état afin que l’on ne mésinterprète pas mes propos dans le sens d’une sollicitation. Mais s’il est concevable que dans une situation de crise, dans n’importe quel pays du monde, les secteurs politiques, associés ou pas au Gouvernement sont au moins consultés, dans la conjoncture présente, le silence des décideurs à égard est opportun car il nous libère de toute réserver, et nous conservons ainsi la totale maîtrise de nos observations critiques et des solutions que nous estimons possibles.

La situation politique du pays est le résultat d’une combinaison d’éléments structurels et conjoncturels dans laquelle se mêlent, à côté de la situation économique, les effets délétères d’une réalité sociale profondément inégalitaire, embûches d’une Constitution inadaptée et difficile d’application comme instrument de maîtrise de l’action politique, et bien entendu, l’action des hommes au pouvoir et les jeux démocraticides qu’ils poursuivent.

Les inégalités sociales s’étalent dans une série de dichotomies dont certaines sont manifestes depuis les débuts de l’indépendance et se sont incrustées dans les structures et les mentalités tout au long de l’histoire nationale, créant une échelle de supériorité entre les différents segments de la population.
Les principales lignes de clivage sont comme et elles ont été admirablement analysées par le Professeur MANIGAT dans son livre sur La crise haïtienne contemporaine, publié il y a quelques années, désormais épuisé et sont heureusement en cours de réimpression. Et il suffit dans le cadre de cet exposé, de les mentionner, même si chacune d’elles mériterait une analyse nuancée :

Les langues car si toute la population est créolophone, seule une minorité de 15% maîtrise le français à travers les trois usages du langage, de la lecture et de l’écriture. Dans les relations sociales et dans les mentalités, le parler français est synonyme de privilège, de prestige et de supériorité.
Les trois (3) religions : catholicisme, protestantisme et vaudou. Même en tenant compte du syncrétisme pratiqué par les Haïtiens, il existe entre elles une certaine tension, et la troisième est perçue à travers un prisme négatif quoique hypocrite.
La couleur de la peau qui joue un rôle diviseur, depuis l’indépendance qui avait pourtant marqué un moment exceptionnel de solidarité entre l’immense majorité des esclaves noirs et la minorité mulâtre. Les distinctions demeurent, souvent dangereusement attisées pour des raisons d’opportunité, comme vient de le faire le Président Préval qui a estimé que l’opposition à Robert Manuel, Premier Ministre présenté, était due au fait qu’il est un mulâtre. Les préjugés sociaux existent dans le pays et ils épousent volontiers les différences de coloration de l’épiderme. Et tout en les combattant, il convient de reconnaître la nocivité de leur action naturelle et surtout de leur exploitation.
Bien entendu, il faut mentionner les inégalités entre les hommes et les femmes qui représentent 52% de la population. Elles ne se manifestent plus au niveau juridique car les Constitutions, depuis 1950, ont proclamé l’égalité des sexes, reconnu le droit des femmes à être éligibles puis électrices, ont remplacé la suprématie du père par l’autorité parentale partagée, ont supprimé la distinction infamante entre enfants légitimes, naturels, adultérins. Beaucoup reste à faire, en particulier pour résorber les effets délétères de deux réalités familiales : celles constituées selon le Code Civil et qui représentent 20% d’entre elles et les autres qui demeurent dans une situation de carence juridique qui ne tient pas compte de leur diversité et ne protège pas les femmes : placées, FANM SOU KOTE, MANMAN PITIT, chefs de familles monoparentales sans père régulier etc. ... C’est un point délicat qu’il s’agit de traiter avec précaution. Le projet de loi dans ce sens n’est même pas encore discuté au Parlement car des aspects hautement sensibles y sont abordés. Il suffit de mentionner quelques questions clefs : faut-il légaliser le placage par exemple en l’intégrant dans le Code Civil ? Faut-il admettre la dualité des conditions matrimoniales ? Que veulent les femmes elles-mêmes ? D’autres questions retiennent d’ailleurs leur attention : la violence conjugale, les maternités précoces, l’égalité de traitement professionnel.

Enfin, une attention particulière doit être accordée à la dichotomie villes – campagnes qui oppose ceux qui habitent les villes et ceux qui sont coincés dans les sections communales, malgré un fort mouvement de migration interne de celles-ci vers les centres urbains, particulièrement Port-au-Prince, dans un désordre qui créent des espaces de bidonvilisation, et conservent les habitudes campagnardes dans les villes lesquelles n’ont pas été préparées à recevoir et à intégrer un flot continu de citoyens qui manquent cruellement des services indispensables en matière d’adduction d’eau, de fourniture électricité, d’écoles, de centres de santé.

Ce phénomène a créé, à l’intérieur de l’espace national une cohabitation entre deux Haïti et a exacerbé les différentiations sociales. Les réponses politiques ont été la « CHIMERISATION » des couches défavorisées, l’exploitation de leurs misères pour parvenir et se maintenir au pouvoir, sans apporter des solutions à leurs problèmes.

Il faut se rendre à l’évidence : les citoyens qui sont ainsi massées dans des conditions révoltantes qui interpellent la conscience humaine et le devoir politique ne retourneront pas à la campagne qui n’est pas idyllique comme le croient les citadins, mais plutôt inhospitalière. Une politique adaptée devra, certes, les inciter à regagner les sections communales, mais il ne suffira pas d’en claironner la nécessite, il faudra créer, sur place, à leur bénéfice, les moyens d’une existence décente. Et en ce sens, la décentralisation telle qu’elle est conçue dans la Constitution de 1987 et mal appliquée jusqu’ici, n’aide pas à résoudre les problèmes vécus par la population, et est plutôt le masque intellectuel qui dissimule la parcellisation de la misère.

Dans ce contexte figé dans un archaïsme chargé des virtualités explosives de la lutte sociale, l’évolution du jeu politique ne contribue pas à forger l’optimisme.

Certes, il est vrai que la Constitution de 1987 présent des failles et je me suis moi-même appliquée à les mettre à nu, allant jusqu’à recommander la rédaction d’une nouvelle Constitution, il y a 13 ans de cela. Je n’ai pas changé d’avis mais j’estime que le moment n’est pas propice pour la tenue d’une Assemblée Constituante. En conséquence, je recommande le recours à l’amendement, même si la procédure prévue est stérile et risque de demeurer stérile au lieu d’aider à résoudre les problèmes.

Cela dit, paradoxalement, la Constitution, quoique malmenée, représente une garantie contre la volonté à l’omnipotence du Pouvoir Exécutif. Mais non seulement ce rempart est fragile, et il risque d’être balayé, nous n’avons pas une culture politique capable de porter les Haïtiens en masse pour défendre la Constitution.

Nous avons affaire au pouvoir à des hommes qui ne respectent pas les normes et recouvrent plus volontiers à la corruption, l’intimidation, la roublandise, les agitations programmées pour affronter les problèmes politiques. Pourtant, apparemment les règles constitutionnelles ont été respectées : un Premier Ministre en fonction a été destitué pour cause d’incompétence, deux Premiers Ministres pressentis n’ont pas passé l’épreuve de la mise en application de l’Article 157.

Mais, à partir d’informations astucieusement filtrées, nous savons, ou nous soupçonnons, ce qui politiquement revient au même, que des tractations se sont déroulées à coût d’espèces sonnantes et trébuchantes et de promesses alléchantes, qui ont vaincu bien des hésitations. Et ces insinuations plus ou moins vérifiables créent dans la conscience citoyenne, les insidieusement, que les décisions politiques n’obéissent pas aux normes constitutionnelles, voire à une certaine décence dans le comportement, mais à des sordides marchandages dans lesquels celui qui gagne est celui qui paie le plus !

Et la malice populaire n’est pas en reste pour introduire des propose amusants dans un contexte qui ne l’est pas. C’est aussi le quotidien Le Nouvelliste rapporte (édition du 12 juin 2008 que le chiffre 12 pouvait être considéré comme étant maléfique.

12 avril : censure contre Jacques Edouard Alexis.
12 mai : rejet de la candidature d’Erick Pierre au poste de Premier Ministre.
12 juin : rejet de celle de Robert Manuel.

Et ce qui ne « rassure » pas c’est que le Président de la Commission chargée d’étudier le dossier du dernier Premier ministre désigné s’appelle Gasner ..... DOUZE !

Décidément, pensent les superstitieux, le chiffre 12 porte malheur. Que se passera-t-il donc le 12 juillet ou le 12 août... ?

Mais, de nombreux problèmes politiques demeurent en suspens : aucun texte constitutionnel ou légal ne précise le contenu et la durée des « affaires courantes » qu’un Gouvernement destitué est censé expédier. Quelle est l’étendue de son pouvoir en ce qui concerne la conduite des relations internationales et l’engagement de l’Etat auprès des bailleurs de fonds ?

On ne sait toujours pas quand les élections pour le tiers du Sénat auront lieu et on soupçonne que l’intention du pouvoir est de les organiser en même temps que celles qui auront designer, l’an prochain, un autre tiers du Sénat et renouveler la Chambre des Députés.

En même temps circulent des rumeurs quant à la démission de René Garcia Préval qui éprouverait une certaine lassitude, alors que d’autres tout aussi persistantes lui prêtent au contraire l’intention de s’accrocher au pouvoir, de dissoudre le Parlement et de gouverner par décrets.

Tout ceci crée un malaise délétère et penser une autre Haïti, la croire possible et efficace n’est pas chose facile.

Cependant, telle est notre mission et telles nos responsabilités. Il est imprudent d’espérer qu’un coup de balai salutaire viendra assainir la situation et créer les conditions d’un renouveau. Il y a, malheureusement, de fortes présomptions quant à une dégradation de la conjoncture et il vaut mieux nous y préparer.

C’est ce que je suis venue vous dire en ce jour. C’est ma condition. C’est mon combat. Oui, une autre Haïti est possible !

Merci !!!
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Message  Doub-Sossis Mer 9 Juil 2008 - 0:02

Pas de commentaires comme d`habitude puisque nous somme une Nation de ``Bè-Bè`` et de mangeurs de boue.
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Message  piporiko Mer 9 Juil 2008 - 17:37

Li te o pouvwa yon epok.li toujou ap soutni mou n ki rayi peyi a.mwen pa we sa li aprann moun de nouvo,

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